Série: Nos circuits racontés par les randonneurs ! S5 ep1

Saison 5 ep1: Le Tour de Margeride

Randonnée racontée par Stéphane en compagnie de Martina, Vanrex, Fahyza et June le Berger Australien.

[Le Tour de Margeride]

Un petit air de Canada.

Nous voilà en route pour un parcours en itinérance en Margeride, 7 étapes, 3 jours de ‘repos’ avec des petites randos en étoile, 250km. Nous alternons entre gites et bivouacs, une boucle au départ du gîte de la Pontière au village de Laubert, petite station hivernale.

La Margeride est un haut-plateau granitique de 1200 à 1500 m d’altitude du Massif Central qui s’étend entre le plateau du Larzac et l’Ardèche. De toutes les zones géographiques de Lozère, la Margeride est certainement la moins connue.
Terre de silence et de ressourcement, dans un relief très érodé où l’on voit fréquemment affleurer la roche-mère granitique an chaos rocheux, ses vastes étendues vallonnées couvert de steppes, de landes, de pelouses à nards et de tourbières, et ses forêts de pins, parfois de bouleaux et de hêtres, ont gardés leurs côtés sauvages et préservés.

A la descente du van et leur mise au paddock, les chevaux nous montrent qu’ils semblent heureux de renouer avec leur tranche de vie de bohème annuelle.

1, Laubert – Lac de Charpal]

2 juillet – Après un petit déjeuner au gite, nous sellons, harnachons, et entamons notre chemin plein nord par le Plateau du Palais du Roy.
Vanrex est bien chargé avec le matériel nécessaire au bivouac, Fahyza plus légère.
Bien installés en selle, bercés par le pas des chevaux, écouter la nature, les oiseaux, la rivière, respirer et contempler… Le bonheur est loin du goudron !
Déjà les sentiers nous livrent leurs merveilles, rosiers des chiens, scabieuses, marguerites, fleurs et genêts s’épanouissent.

Au km 5, à la cote 1401 D’Aussagne, un passage canadien nous contraint à rebrousser chemin, sans alternative possible sur les côtés ! 5 km a/r pour rien.
Nous contournons le Dolmen du Chapel, Roche Belle et le Rocher des Fées, nous sommes dans l’ambiance, la Croix de Chossegrosse et les Menhirs du Bois du Plot de la Fage marquent notre tracé.

Après quelques kms entre forêt de conifères et tourbières le long de la Combe des Ânes, nous approchons du Lac de Charpal.
Son pourtour a été aménagé pour les promenades touristiques, avec une boucle de neuf kilomètres, mais non équestre ! Nous pouvons toutefois longer une partie de la rive Sud, les berges respirent la paix et la quiétude.
Ce lac offre des paysages dignes de l’ambiance des terres du Grand Nord.

Nous faisons une halte vers 14hr, les chevaux sont libérés de leur chargement, je tends les lignes d’attaches entre piquets et troncs d’arbres, et à leur façon, ils nous montrent combien ils se réjouissent d’être là en se roulant dans l’herbe qu’ils dévorent.

La Pause se transforme en sieste contemplative, puis finalement nous décidons d’y rester pour la nuit, 17km pour la première journée sont déjà bien suffisants.
Comment ne pas céder pour notre premier bivouac à un coin si paisible et si bucolique entre clairière et sous-bois, le lac et ses forêts d’épicéa pour horizon ?
Les chevaux ont toute l’herbe qu’ils veulent, verte et abondante.

Plus tard en soirée, je déplace et consolide les parcs avec 2 lignes.
Le moment est venu de monter la tente, j’installe selles et matériel dans l’abside, endroit où June dormira la nuit.
Aucun bruit, nous sommes seuls au monde.
Le soleil sublime un dernier instant le paysage. Seul un pécheur viendra interrompre notre solitude pour mettre sa barque à l’eau et s’éloigner vers l’autre rive.

Vanrex s’est mis dans la tête que l’herbe d’à côté est meilleure que celle de son paddock, et trouvera le moyen d’en sortir à plusieurs reprises pendant la nuit. L’excitation de Fahyza, soufflements, trépignements, nous réveillera dès lors que son copain s’éloignera de trop. Je me lève, le remets en paddock, je veille un instant, mais non, il en a décidé autrement. Finalement épuisé, je me dis que tant qu’il demeure suffisamment près, et que Fahyza ne tente pas de sortir à son tour, il ne s’éloignera pas plus.
Au petit matin, sans surprise, je le retrouve en dehors de son paddock, placide, derrière notre tente.