Série : Nos circuits racontés par les randonneurs ! S1E4

Saison 1 : Circuit Chevauchée Cévenole

Les dernières journées et étapes par Stéphane et Martina

Episode 4

J7 – 20 juillet : Aiguebonne – Aire de Côte par le Mont Aigoual

Un tracé de 35 km pour 1200 m+, ça va grimper, il fait grand beau, les sentiers parcourus et les paysages traversés supplanteront la chaleur ressentie.

Nous disons au revoir à Denis et Aiguebonne avec regrets, nous partons sous un beau soleil qui ne nous quittera pas de la journée.

Le premier km se fait par la route avant de trouver un charmant sentier plus intime à travers le Bois de Mouret après avoir traversé le hameau de la Mouline, parcours que nous faisons à pieds à coté de nos loulous.
Un peu plus loin à Villemagne, sans le vouloir nous raccourcissons en évitant de monter jusqu’au hameau et en traversant au niveau du pont des Cabasses pour poursuivre par la route forestière.

Nous sommes toujours au cœur de La forêt Domaniale de l’Aigoual, et atteignons le discret petit hameau de St-Sauveur des Pourcils et son arboretum au km 5.
Néanmoins nous hésitons sur le chemin à prendre pour descendre sur le Pont de l’Ane, après quelques pas par le sentier direct, celui-ci ne nous semble pas praticable et revenons sur nos pas à la cote 902 dans l’intention de traverser par l’Arboretum, mais pas mieux nous tournons en rond, nous décidons finalement de prendre par la piste forestière, un peu plus longue mais sure, ce qui nous fera perdre une heure et rajouter 4km, les aléas de la randonnée !

Nous franchissons enfin le Pont de l’Ane enjambant le Bramabiau, ensuite c’est une montée pierreuse en sous-bois pour atteindre une large draille relativement plate dans la colline de la Matte nous permettant quelques allures, avant d’atteindre progressivement un plateau à 1100m d’altitude et le charmant bourg de Camprieu.

Nous traversons le bourg à l’heure du déjeuner, saluons les gens en terrasse qui nous le rendent en retour, et nous abreuvons les chevaux à la fontaine de l’église, l’occasion de remplir les gourdes, et de se recueillir.

Après ce bref arrêt, nous reprenons la route par une petite cote derrière l’église, genre la montée au paradis.

À la sortie du bourg, le paysage ouvert nous permet de découvrir le parcours qui nous attend ; la remontée s’opère en douceur par le GR664, un peu de route, un peu de piste qui serpente entre pâturages et forêts de pins pour atteindre (le hameau de) la Croix de Fer. Ici, nous rejoignons le tracé du GR6.

Ensuite, notre montée se poursuit et ça monte raide, le soleil tape fort, j’en fais une partie à coté de Vanrex. C’est une chevauché le long des jolies crêtes sur plusieurs km, nous surplombons à gauche la Forêt de Rousses, à droite la vallée du Bonheur, d’abord à découvert puis plus haut à l’ombre des arbres, le chemin varie lui aussi entre piste et single, caillouteux et herbeux.

Après une pause déjeuner dans la forêt des Rousses sans s’attarder, nous poursuivons l’ascension par quelques portions raides encore.

Nous atteignons le Col de Caumette : alors que nous n’avions croisé quasiment personne jusque-là, ici c’est l’heure de pointe avec une bande de jeunes d’un centre aéré qui s’apprêtent à faire la descente en ‘trottinette’, plusieurs couples randonneurs et un groupe de cavaliers accompagnés d’un guide, je suppose des chevaux de ‘Rando Equestre Larzac Aigoual’ qui s’installe à la station pour l’été, mais ils seront trop lunatiques pour nous rendre notre salut, nous refreinant d’engager la conversation.

Dans cette agitation, notre June passe de groupe en groupe pour quémander une gourmandise, en vain, mais fera le bonheur des grands et des petits, sans accrocs.

Un peu plus haut, nous arrivons en vue de Prat Peyrot, plusieurs pistes de ski aux abords de la piste forestière, toutes belles enherbées mais nous décidons de rester sur le tracé du GR. Puis nous pénétrons dans les installations de la station, comme pour bcp de stations de ski en été, ce n’est pas très esthétique, nous poursuivons l’ascension.

Nous continuons sur un fort sympathique tracé herbeux dans une forêt de hêtres, de pins et d’épicéas, avant de traverser la D269b et de terminer par une piste chaotique. Mais nous nous concentrons plus sur le vol de Circaètes (me semble t’il) au-dessus de nos têtes, « pieuu pieuuuuu Â» accueillant notre arrivée. Par coïncidence, nous longeons un enclos à moutons (?).

Nous retrouvons aussi nos belles fleurs à clochettes, les Digitales pourpres parsemées en bordure de chemin.

Nous sommes presque arrivés, nous débouchons sur la route qui mène au sommet de l’Aigoual ; au parking nous bifurquerons en biais à gauche dans l’herbe, nous atteignons le sommet du Gard, le « Phare de la Méditerranée Â» établi à 1567 m d’altitude !

Nous attachons les chevaux aux poteaux en bois prévus à cet effet, le temps de remplir les gourdes, de savourer une glace, de contempler le panorama, panorama à 360° mais la visibilité ne nous permet pas de voir plus loin que le Pic St Loup, nous devinons à peine la chaine des Pyrénées. Néanmoins, nous redessinons le parcours de la semaine, Barre et sa corniche, Bugès, la Vallée du Tarn, le Mt Lozère, les Puech, le Causse Méjean … Whaoou !!

En s’engageant sur la descente, une famille nous interpelle, attirée bien sûr par les chevaux, « qu’ils sont beaux Â». La maman qui nous pose beaucoup de questions, les enfants sont plus intimidés. Elle nous interroge sur notre itinéraire, l’organisation, si ce sont nos propres chevaux, si ça vaut le coup, « oui-oui madame Â», comment pourrait-elle faire de même alors qu’elle est novice en équitation ? … un quart d’heure sympathique à satisfaire sa curiosité.

C’est ensuite une 10aine de km de descente le long d’une piste forestière serpentant à travers la Forêt d’Aire de Cote.
Malgré les 30 km et 1200+, Vanrex va bon train, reconnait-il le chemin de l’an passé (mais cette fois à la descente) et que le paddock n’est plus très loin ?!
Ancienne maison forestière à la jonction des GR 6 et 7, nous serons accueillis par Cendrine, disponible et serviable.
Après les soins à nos chevaux et la douche pour nous, c’est le moment de l’apéro, nous apprécions en terrasse la beauté et le (relatif) calme des lieux en pleine nature, malgré les nombreux estivants et groupes d’adolescents campant autour du gite.
Puis vient l’heure du repas que chaque groupe prendra séparément, contraintes covid exigeant !

J8 – 21 juillet : Aire de Côte – Barre des Cévennes

En partant d’Aire de Côte, nous passerons par la Bécède en empruntant le Chemin de Tarnon avant de rejoindre le GR7 Tour de la Vallée – Borgne au niveau du Col Salidès. A l’Hospitalet pour éviter une partie de la route, nous bifurquerons sur notre gauche avant de rejoindre le Col de Solpérière, Col des Faïsses puis retour sur le GR7 pour l’arrivée sur Barre !

Encore une journée très chaude qui s’annonce, départ vers 10hr, nostalgiques déjà de la dernière journée de randonnée avant de clôturer la boucle.

Contrairement à notre tracé, nous ne prenons pas le sentier qui part derrière la maison forestière mais bien la piste du GR, nous retrouvons les bruyères en fleurs !

Au km 3, nous quittons le GR7 pour descendre sur la Bécède par le Chemin du Tarnon, du nom du ruisseau qui coule du vallon, très beau chemin ombragé en forêt, herbeux, des tapis de mousse couvrent les versants nord.
Mais Ô mauvaise surprise après 3 km de descente, au niveau de la Margaillounière et de traverser le vallat du Tarnon, nous nous heurtons à un véritable portail fermé, pierres et morceaux de bois condamnant tout autant les côtés, avec panneaux Interdiction / Propriété privée, bloquant ainsi le passage, et mettant fin à notre idée de traverser par la Bécède.

Retour sur nos pas donc, non sans maudire le propriétaire et le droit ou pas de devoir permettre un passage, et sinon de l’annoncer plus haut, et de moi de maugréer sur le fait d’avoir manqué de partager nos intentions la veille à Cendrine !?
Nous ne remontons cependant pas jusqu’au point du km 3 mais passons par la Plane jusqu’à la source du Tarnon, lieu propice à une pause pique-nique mais il est trop tôt, nous venons à peine de partir. La troupe entière prendra néanmoins le temps de communier avec les lieux et de se ressourcer, au propre comme au figuré, c’est open-bar ici.

Nous rejoignons le tracé du GR7 après une raide montée le long de la Serre du Tarnon. Nous empruntons quelques portions vraiment sympathiques le long des crêtes de Comblongue (?). Nous surplombons à notre gauche la Forêt Domaniale du Marquairès, le valat du Tarnon et les Gorges du Tapoul, à notre droite la haute Vallée Borgne et les derniers hameaux de Bassurels puis de Crispoules que nous apercevons au loin, le tout dominée par les crêtes de la Corniche des Cévennes, derrière nous les crêtes du Mont Aigoual, et devant nous le parcours qui nous attend, Can de l’Hospitalet, Can Noire, la corniche de Barre.

Nous progressons, il fait chaud, la végétation devient méditerranéenne, rocaille de schistes, pins, prêles, nous redescendons sur le Col de Salidès avant de grimper à nouveau par une portion de 1.5 km bien raide et caillouteuse.

Nous marquons une pause en haut en ayant la satisfaction de trouver de quoi abreuver les chevaux.

Nouvelle rencontre avec un berger et son troupeau de moutons, sagement couché à l’ombre des arbres en bordure du passage, tout se fait dans le calme, limite indifférence.

Puis nous plongeons vers le Col du Marquairès par une des plus belle descente (ou montée) parcourue, la descente de Pascalès, un sublime belvédère sur le plateau de l’Hospitalet à venir, la Vallée Borgne et la Corniche des Cévennes. Descente enherbée avec quelques pauses gastronomiques, la dernière partie devient plus abrupte et pierreuse.

Vanrex prend cette pente en diagonale en zigzaguant. Sa capacité à identifier la meilleure trace, son agilité dans des passages délicats m’épatent un peu plus à chaque sortie, bravo loulou !

Difficile de trouver de l’ombre pour la pause pique-nique, nous nous asseyons au pied d’un minuscule arbre au milieu d’un pré, nous aurons manqué de quelques centaines de mettre notre pause pique-nique de l’année dernière qui offrait un bien meilleur emplacement au niveau de Peyre Agude.

Nous arrivons ensuite sur la Can de l’Hospitalet, un petit plateau calcaire orienté nord-sud sur une 12aine de km qui a été séparé du Causse Méjean par l’action de l’érosion du Tarnon, j’apprendrai que le sentier traverse la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et l’Atlantique.

Ici, une halte s’impose, en fait le plateau est délimité par 4 vallées de part et d’autre, et au-delà les 4 massifs montagneux que nous avons traversés : vue imprenable sur le Causse Méjean à l’ouest et ses falaises vertigineuses vues d’ici, le Mont Bougès et le Mont Lozère au nord, les crêtes cévenoles à l’est, et le Mont Aigoual au sud.

A l’Hospitalet, nous prenons par les sous-bois évitant la route mais raccourcissons par rapport à notre tracé, en suivant le sentier en pointillé sur la carte IGN.

Alors que nous étions sous un soleil de plomb un peu plus tôt, le ciel est en train de se charger et le tonnerre gronde au loin.
Nous n’éviterons pas la portion de route entre le col de Solpérière et le col des Faïssses, de là le sentier est roulant et nous nous offrons nos dernières allures en sous-bois.

Quel spectacle au km 24, sous la corniche du Can Noire qui nous surplombe : le village de Barresqui aligne ses façades rappelant son histoire de riche bourgade.
Nous traversons le bourg quelques instants plus tard, pieds à terre, les rues anciennes résonnant des pas de nos chevaux.

Retour 8 jours plus tard à la Croisette chez M et Mme Combe. Une bonne odeur se dégage de la cuisine, un ragout de sanglier mijote …

Nous dessellons, les chevaux ont mérité leur douche avant nous la nôtre, retour à leur parc du départ, puis ce sera l’heure de trinquer à cette belle aventure, quel sentiment exaltant !

Attablés dehors, les plats s’enchainent : soupe, charcuterie saucisson et terrine maison, saucisse au chou, salade verte, ragout de sanglier, légumes, assiette de fromages et dessert maison œufs à la neige.
Des échanges sympas partagés autour du repas avec des cyclistes, des motards et des randonneurs, dont un jeune breton de l’ONF qui voyage léger, sans tente, et trouve toujours un abri en cas d’intempéries, nous lui soufflons à l’oreille que les box à côté de la sellerie devraient être un abri confortable si la nuit tournait à l’orage…

Vidéo/photos : https://www.relive.cc/view/vKv2RD7yg4v

Pas moins de 226km et 6080m de dénivelé, plus que ce que nous avions établis sur VisuGpx et les cartes IGNs avant le départ.
Une telle variété de paysages traversés et de sentiers parcourus, des rencontres éphémères mais réjouissantes, des compagnons d’aventure qui rentrent en pleine forme, sont nos bonheurs et satisfactions d’une courte aventure en randonnée équestre.

Pour plus d’images et vidéos : D’Aurabelle et D’Ailleurs Facebook

Et pour suivre nos traces, le parcours .gpx ici : https://www.visugpx.com/uPTpJtciQw

Stéphane & Martina