Série : Nos circuits racontés par les randonneurs ! S5 ep3

Saison 5 : Le Tour de Margeride Episode 3

Randonnée racontée par Stéphane, en compagnie de Martina, de leurs chevaux Vanrex et Fahyza et de June le berger australien.

Jour 4 Bouviers – Lac de Naussac

7 juillet – Ce matin, nous reprenons les chemins, les premiers kms se font par la ForĂȘt de St-Paul-le-Froid que nous avions traversĂ©e l’avant-veille pour atteindre le bucolique lieu-dit le Buron, puis traverser le hameau des Combes.

Je marche aux cotĂ©s de Vanrex. Je ne compte pas les kms, mais je marche systĂ©matiquement les matins, aprĂšs la pause dĂ©jeuner, et avant d’arriver en fin de journĂ©e, aussi lorsque la nature des chemins le nĂ©cessite et encore quand le cavalier en a besoin pour se dĂ©gourdir les jambes ou reposer son fessier, mis bout Ă  bout, c’est au moins 1/3 du parcours Ă  pieds.

AprÚs avoir passé le Moulin des Martines, nous attaquons une montée sur la « Via Agrippa », ancienne voie romaine qui reliait Lyon à Toulouse, parsemée de Millefleurs dont nous nous faisons des concoctions le soir, ponctuant nos diners.
Nous traversons le village de St-Paul-le-Froid, puis quittant le bitume nous poursuivons le long d’un chemin herbeux entre forĂȘt et lande, il a plu ces derniers jours : nous avons quelques passages de grosses flaques boueuses inĂ©vitables, Vanrex mĂȘme pas peur ouvre la marche ! Je lui parle lui exprimant mon contentement et lui flatte l’encolure, valeureux Vanrex. Monsieur n’est plus un apprenti mais il n’en dĂ©teste pas moins poser ses pieds dans de tels bourbiers.
Puis rencontres avec de nouveaux troupeaux de vaches et veaux, et au hameau de Chazeaux avec de beaux Haflingers, et, décidément encore plus loin un joli troupeau de chevaux de trait avec leur étalon.

A Grandrieu, charmant petit village perchĂ© au-dessus de la riviĂšre Grand Rieu, nous nous arrĂȘtons pour la pause dĂ©jeuner. Martina garde les chevaux sur une esplanade Ă  l’entrĂ©e du village tandis que je pars Ă  l’épicerie remplir la besace, nous avons 2 jours de bivouac devant nous.
Repus, reprenant la route, regardant s’Ă©loigner le petit village perchĂ© sur les hauteurs, Ă  peine traversĂ© la Grand Rieu qu’un sentier bien pentu nous attend, histoire de dĂ©jĂ  bruler les calories que nous avons Ă  peine eu le temps d’avaler.
Nous nous remettons en selle à ‘la Pointe’ sous la protection du Bon Dieu, c’est une belle Croix en pierre surplombant le village.

Nous alternons sur plusieurs kms du GR4 passages en forĂȘt et terrains dĂ©couverts avec de magnifiques pistes en sable et enherbĂ©es, entre-coupĂ©es de hameaux.

Plus loin, en milieu d’aprĂšs-midi, nous atteignons la bourgade d’Auroux avec ses maisons accrochĂ©es Ă  la colline et la superbe vallĂ©e du Chapeauroux. Nous enjambons la riviĂšre du mĂȘme nom et nous arrĂȘtons le temps de refaire le plein d’eau Ă  la fontaine de la place du village, bien que mentionnĂ© « eau non potable ». Nous sommes l’attraction des villageois assis sur leur banc de pierres ou Ă  la terrasse du cafĂ© de la place, certains ne manquent pas de nous questionner sur notre itinĂ©raire.
Une fois toute la troupe dĂ©saltĂ©rĂ©e, nous repartons. À la sortie du village, un court passage nous fait suer, Ă©troit entre ronces et barbelĂ©s, il faudra de l’adresse pour ne pas dĂ©chirer les sacoches.

En fin d’aprĂšs-midi, aprĂšs la traversĂ©e du hameau des Bessettes et une lĂ©gĂšre piste forestiĂšre descendante, le lac de Naussac s’offre Ă  nous. C’est un lac de retenue, lieu touristique propice aux loisirs de plein air et activitĂ©s nautiques, voile, planche Ă  voile, kayak, paddle et kitesurf, pĂȘche, VTT 



Nous trouvons rapidement le lieu du bivouac parfait, légÚrement en hauteur et en retrait des berges, à couvert, vue imprenable.

NĂ©anmoins, le temps est menaçant, je monte vite le campement pour mettre Ă  l’abris les bagages.
MalgrĂ© les 37kms que nous venons de faire, les chevaux ne semblent pas fatiguĂ©s. Vanrex a vu sur la colline d’en face ce qui pourraient ĂȘtre des congĂ©nĂšres, et est tout excitĂ©. Il s’en faut de peu qu’il prenne le large et que Fahyza ne suive, nous la retenons, il revient sur ces pas.
Le ciel et les collines sont chargĂ©s de brouillards et nuages tĂ©nĂ©breux, nous nous protĂ©geons de l’averse comme nous pouvons, entre deux nappes de pluie je termine de monter les paddocks.


AprĂšs une grande partie de cache-cache entre le soleil et les nuages, le ciel devient bleu, le paysage change.
Quelle quiĂ©tude, quel bonheur que de parcourir les berges du lac. Martina s’offre un plongeon, puis nous dĂ©capsulons 2 biĂšres avant de prĂ©parer le diner.
Les chevaux, indiffĂ©rents au soleil couchant, se rĂ©galent d’une herbe bien grasse, et bien mĂ©ritĂ©e, ils ont retrouvĂ© calme et sĂ©rĂ©nitĂ©, seules les clarines du lointain troupeau troublent le silence.

Le soir tombe sur notre bivouac, et la fraicheur de la nuit s’installe, nous mettons les chevaux en paddocks dans l’espoir qu’ils n’auront pas la vellĂ©itĂ© d’en sortir cette nuit.Cette nuit-lĂ  il pleut, nous jouons Ă  touchĂ©-coulĂ© avec les orages entre 21hr et 23hr, ils ne passeront pas loin, la pluie me berce et m’endort.